mardi 22 septembre 2020

RD Congo: Référence de la théorie de fenêtres cassées/brisées

Dans la suite des réflexions sur le 60e anniversaire de l’indépendance de la RD Congo (parue le 01.07.2020 sur notre blog), l’auteur conclut par la question « Que faire ? » De même, dans son homélie en hommage, le 30 juin 2020 dans la cathédrale de Kinshasa, l’archevêque Métropolitain Fridolin Ambongo s’est posé cette question et a lancé un appel solennel à la responsabilité de tout congolais. Longtemps avant, c’est le Pape François(1) qui, lui aussi, invitait également "gouvernants et gouvernés à réfléchir sur leurs propres responsabilités", en insistant sur la dimension charité qui doit rester le critère de base. 

Logiquement, comment réfléchir froidement sur les soixante ans de l’indépendance de la RD Congo sans frissonner ni se lamenter, sans critique facile et sans se plaindre du sort de ce géant aux pieds d’argile au cœur de l’Afrique?

Comment trouver des mots justes et des expressions adaptées qui traduisent sans trahir les espoirs d’un relèvement communautaire tant rêvé? Comment honorer et donner la force à ce congolais lambda tantôt désabusé, tantôt désespéré dans un environnement en continuel effacement des traces de cette lutte(2) qui a mis sur le plateau la tête de Lumumba, père idéologique de l’indépendance(3)? Comment ce congolais intériorise-t-il que le pays lui appartient mais, qu’il ne le possède toujours pas après soixante années…

Pourquoi seulement délirer sur la période de la colonisation alors qu’une fois le pays restitué entre les mains des nationaux, ceux-ci n’arrivent toujours pas à satisfaire les besoins vitaux des leurs… Pourquoi enfin se berner dans une sorte de paranoïa collective et se prendre constamment pour victime alors que, par l’inaction, ou par un attentisme permanent, on pourrait tout aussi bien être taxé de coupable …?

Nos vies sont brèves! Face à une espérance de vie moyenne qui varie entre 48 et 55 ans, soixante ans d’indépendance, c’est déjà pour un congolais un bonus d’une dizaine d’années… Ce qui n’est toutefois pas très long dans un processus de transformation d’une société. Surtout quand on sait ne pas avoir à faire qu’à de simples individus mais à des antivaleurs(4) érigées en systèmes et entretenues de législature en législature. Arriver donc à déguster les résultats d’efforts âprement consentis pour changer la mentalité des communautés exige du temps, de l’abnégation et du sacrifice. Lumumba nous en avait prévenu du haut de la tribune il y a soixante ans. Dans des contextes similaires, plusieurs leaders l’ont clamé et, Churchill(5) le reprend dans un discours devant les parlementaires en déclarant que, c’est au prix de sueur, de sang et de transpiration qu’on y arrive. Quelques avancées sont bien entendu enregistrées, et, dans une logique d’encouragement de ce qui devrait être accompli en soixante années d’indépendance, certains parleront du verre à moitié plein… Pourtant, il faut bien reconnaître que pour le commun des mortels, c’est plutôt le verre à moitié vide. Mais que le verre soit à moitié plein ou à moitié vide, les deux façons de percevoir les réalités se croisent et appellent à l’action.

Les affres des soixante-quinze années de colonisation de la RD Congo, ont eu un retentissement négatif sur le schema mental du congolais (on peut parler du syndrome de l’Oncle Tom(6) tel que systématisé par Malcom X en distinguant le comportement du nègre-de-champs de celui du nègre-de-salons). Pourtant, au lendemain de son indépendance, la RD Congo affichait quand-même de bonnes bases financières, infrastructurelles, sociales. Le pays n’avait point d’égal avec nombre d’autres états d’Afrique voire du monde : 1 franc congolais équivalait à 2 dollars américains, il faut aujourd’hui 2000 francs congolais pour un dollar!), le Congo était comparé à la RSA, à la Corée du Sud…

Des occasions manquées…


Plus qu’une rapide évaluation de soixante années d’indépendance, une remise en question radicale, et, au besoin des analyses comparatives et émulatives (pour stimuler) avec d’autres pays ayant connu un parcours similaire depuis la colonie jusqu’à la démocratisation en transitant par l’indépendance, devraient demeurer à l’agenda de chaque anniversaire… Fût-ce par impréparation et/ou par incompétence, en soixante années d’indépendance, des bavures hors-norme ont gangréné les législatures successives de 1960 à 2020. Les défis se sont enlisés et, la progression démographique n’a cessé de galoper. (Kinshasa qui comptait 400.000 habitants en 1960, avoisine en 2020 les 16 millions. Mine de rien, la RD Congo a dépassé très probablement le cap de 110 millions d’habitants pendant que les infrastructures et les conditions de vie régressent...)

Que d’occasions manquées pendant ce temps ! Sitôt au pouvoir, le 1er président du Congo, Joseph Kasavubu, homme intègre, réputé austère pour l’orthodoxie financière dans sa gestion du pays entre 1960-1965 s’est fourvoyé pour résorber une multitude des rébellions mullétistes sanglantes. A la suite d’un coup de force militaire, advint alors Mobutu qui, pendant ses trois décennies de règne, malgré la diversité des centaines des tribus que compte le pays, réussit à maintenir l’intégrité territoriale et l’unité nationale. Hélas, la rodomontade autour de l’Objectif 80 l’emporta dans ce qu’on a confusément appelé tantôt recours tantôt retour à l’authenticité avec comme corollaire la chasse aux symboles chrétiens de la puissante église catholique dans le pays. Au paroxysme de sa mégalomanie on notera la confiscation(7) sans indemnisation des investissements des étrangers en faveur de quelques nationaux, en l’occurrence les dignitaires du MPR parti-état, sans expertise en affaires ni en management. Par cette formule de la zaïrianisation, les investisseurs étrangers indexèrent pour très longtemps le pays et, les chances de relever l’économie après le départ des blancs se sont éloignées. Et comme coup de massue, Mobutu procéda à l’opération de démonétisation qui lamina le peu d’économie domestique et particulièrement des gagne-petit perdus dans la débrouille de l’informel. Enfin, c’est dans l’élan de la démocratie impulsée de l’extérieur partant du discours de la Baule et de la perestroïka que se tint la Conférence Nationale Souveraine durant les années quatre-vingt-dix, dont les résolutions constructives n’ont pas connu un début d’application. Contre toute attente, il est quand même reconnu à Mobutu le mérite d’avoir préservé quelques attributs de la souveraineté du pays…

Laurent Désiré Kabila succéda à Mobutu à la suite d’une guerre dite de libération où des armées étrangères ont eu la part belle, faisant table rase, tuant et détruisant les derniers vestiges de l’époque belge. La confrontation entre les armées rwandaise et ougandaise, en pleine ville de Kisangani et les désastres qui l’ont accompagnée, en est un cas de figure. Les négociateurs politiques congolais en position de faiblesse n’ont pas su protéger les attributs de souveraineté face aux intérêts économiques gloutons et stratégiques des coalisés conviés aux termes d’accords qui jusqu’à ce jour, tourmentent le pays. Essoufflé par toutes ses tentatives de récoler un pays déchiré par une guerre des coalisés lourdement soutenue de l’étranger par les multinationales et les collabos, Laurent Désiré Kabila finit par être assassiné en plein jour sans réussir à donner aux congolais la démocratie et le bien-être promis, ni à relever les défis liés à la paix, à la souveraineté et à l’unité nationale. Et quand Joseph Kabila est entré au pouvoir, c’est une nouvelle saga du pillage des ressources naturelles du pays, en complicité avec quelques compatriotes, qui débute… Pressentant qu’un jour des voix s’élèveront pour exiger des comptes, ils s’employèrent à placer leurs irréductibles dans toutes les instances stratégiques du pays en vue de contrôler toute décision et actions à mener, avec pour but premier de se protéger. Et pour mieux s’en assurer, des lois(8) taillées pour les besoins de la cause ont même été adoptées par un parlement entièrement acquis. C’est ainsi qu’aujourd’hui encore, les budgets continuent à saigner d’émoluments trop élevés au nom d’indemnités afin d’entretenir les prédécesseurs qui n’exercent plus aucun mandat! Les nouveaux dirigeants en fonction sont étroitement limités dans leur action... Les défis de la paix et de la sécurité sont restés et l’absence d’une armée républicaine en est une expression éloquente. 

Passation du pouvoir entre Joseph et Felix, un cadeau empoisonné !


Dès sa prise des fonctions d’Etat, fortement entamée par des soupçons persistants de fraude électorale, tant en présidentielle qu’en législatives, la législature de Felix est à longueur de journées critiquée d’agir au doigt et à l’œil de son prédécesseur. Un deal a été conclu entre les deux et une coalition aux allures de cohabitation s’impose sur le pays depuis deux ans, (même s’ils ne cessent de se rentrer dedans, y compris publiquement, au mépris de la dignité et des intérêts de la nation).

Tout cela donne l’impression d’un triste folklore, quand le président déclare faire d’un état de droit, des réformes(9) administratives et politiques, de la sécurité, du combat contre la corruption… son cheval de bataille. Des scandales se poursuivent et le fossé d’inégalités sociales continue à se creuser de jour en jour. Au point que, dans le mental collectif, l’idée progresse que pour accéder au mieux-être dans ce pays, il faut arracher un poste public ou exercer des mandats politiques, meilleure façon de se protéger et de s’enrichir facilement et rapidement. Sans abnégation ni sacrifice des gouvernants il n’y a pas de solutions pour sortir du bourbier. Le mal est profond et les implications se ramifient jusqu’au de-là des frontières nationales. Pour la population, il y a urgence d’un leadership politique responsable à son chevet… et les églises pourraient encore jouer un rôle dans la mobilisation de la population.

Amener les congolais à plus d’amour et de solidarité dans cette situation et faire comprendre le besoin d’un combat d’ensemble pour un Congo uni et plus fort en constitue la piste. Trêve aux interminables spéculations, aux diagnostics et aux états des lieux sans appel et de s’employer à répondre au « que faire ».

Le dernier discours de l’archevêque de Kinshasa, Ambongo, trace un tableau sombre d’une gouvernance catastrophique du pays à travers des mots durs autour des questions importantes de la vie nationale et pour lesquelles le politique ne sourcille même pas … Plus il y aura d’indignations, la grogne montera et, plus les motivations pour un engagement ferme à se libérer(10) se multiplieront. Quoique menacée, l’Eglise aura toutes les raisons de s’engager sur le terrain aux côtés de la population. Il suffira de très peu pour que le vent de l’Afrique de l’Ouest qui a fait partir Blaise Compaoré, Yayah Jameh et dernièrement Ibrahim Boubacar Kéita souffle de ce côté…

Soixante ans d’indépendance: une extrapolation de la théorie (11) de fenêtres brisées…


L’esprit de la théorie des fenêtres cassées ou des vitres brisées développée par le professeur Phillip Zimbardo et ses collègues, partant des causes racines de la criminalité à partir de l’expérience du métro de New-York, pourrait servir une démarche de conscientisation utile pour la RD Congo. En tant que méthode, elle renferme le mérite d’ouvrir la petite piste pratique et réaliste en réponse à « comment s’y prendre » et surtout « par où commencer » en vue de casser la spirale des mauvaises pratiques qui ont envoûté les différentes législatures au sommet de l’Etat.

Quoiqu’initialement expérimentée en matière de l’incivilité dans différents contextes, la théorie des vitres brisées pourrait tout aussi bien expliquer le déficit de responsabilité tant dans le chef des gouvernants que des gouvernés pendant les législatures qui se sont succédées en soixante années d’indépendance. On retrouve aux affaires pendant des décennies les mêmes têtes et, la réédition de mêmes modes opératoires qui n’ont cessé d’être décriés et fustigés. C’est ainsi que les déclarations de bonnes intentions, «plus rien ne sera comme avant», «tolérance zéro», «instaurer l’état de droit», «gouverner autrement» confrontés aux mauvaises pratiques érigées en système restent lettres mortes. Entretemps les détournements, la grande et la petite corruption (sehemu yangu en français facile ‘ma part’, se retrouver…), l’impunité, la criminalité, l’abus de pouvoir… poursuivent leur bonhomme de chemin.

De grands slogans du genre «Objectif 80» sous Mobutu, «la révolution de la modernité et le Congo émergeant» sous Joseph K, «faire de la RDC l’Allemagne de l’Afrique et, faire émerger la classe des millionnaires, le peuple d’abord » sous Fatshi ne font plus crédit pour les congolais…

Une fois en fonction, le sevrage des nouveaux responsables ne dure que quelques temps avant qu’ils ne soient récupérés par le système. Comble de tout, ‘dirigeants et administrés’ et/ou paradoxalement ‘bourreaux et victimes’ s’en accommodent facilement.

Enfin, la théorie des vitres ou fenêtres cassées a le mérite de proposer la façon de s’y prendre qui a donné de bons résultats en termes de la tolérance zéro, parce que cette théorie prédit que les imperfections de l’environnement vont générer la sensation que la loi n’existe pas, l’insouciance qui va créer un sentiment d’absence de loi, des normes et de règle. Et de poursuivre que, dans une situation où il n’y a pas de normes, il est très probable que des comportements de dégradation, de déprédation, de destruction, de détérioration… apparaissent et s’installent. L’expérimentation de la théorie de vitre cassée démontre que partant des petites choses, elles peuvent à la longue conduire à imprimer un terrible comportement collectif de dérèglement et occasionner ainsi un déferlement des crimes plus importants même à l’échelle de la gouvernance du pays et, cela de décennies en décennies. Et alors, une fois perçu de la sorte, il faudra aussi rétropédaler pour promouvoir le principe de la tolérance zéro au plus bas niveau de la communauté.


------------------------------------------------------------
(1) Source,Vatican-RadioVatican,https://fr.aleteia.org/2013/09/16/pape-francois-un-bon-catholique-doit-se-meler-de -politique/
(2) Cette lutte sublime qui fut de larmes, de feu et sang… cfr Discours de Lumumba 30 juin
(3) Lire et relire le Discours de Lumumba et sa lettre à Pauline son épouse posté sur http://www.millebabords.org/spip.php?article14656
(4) Souvent le contenant c.-à-d. la forme, la dénomination pour exiger ces vices peuvent changer d’une époque ou d’un milieu à un autre mais en pratique le contenu reste la corruption et ou le détournement, les trafics d’influences, les abus de pouvoir…
(5) Je n’ai rien d’autre à offrir que du sang, du labeur, des larmes et de la sueur. W. Churchill dans un discours au parlement au début de la guerre contre le nazisme.
(6) Impossibilité du dialogue entre opprimés. Cfr ouvrage intitulé la case de l’Oncle Tom.
(7) Je vous demande enfin de respecter inconditionnellement la vie et les biens de vos concitoyens et des étrangers établis dans notre pays cfr Discours de Lumumba au 30 juin 1960

(8) Un stylo est plus dangereux dans les mains d’un politicien corrompu qu’un revolver le serait dans les mains d’un bandit de grand chemin; c’est pour exprimer toutes les lois votées par le système partant et où l’on a arrogé au président sortant des émoluments allant au-delà même des salaires de tous les présidents du monde en fonction et non en fonction. Des lois qui protègent les dirigeants contre toute la population, des lois qui noient tout l’espoir d’un bien être des générations entières.
(9) Réformes électorales, judiciaires, de lutte contre la corruption et le détournement des fonds publics…
(10) Prof Th Nlandu du CLC/Kinshasa paraphrase son mentor Prof Sevotte qu’un peuple se libère seul. Néanmoins il faut d’abord qu’il s’indigne pour ensuite s’engager à se libérer cfr Hessel… 
(11) La théorie des fenêtres cassées, part d’une expérience en psychologie sociale menée en 1969, à l'Université de Sanford (USA), par le professeur Philip Zimbardo. Elle consiste en ceci : 
=> 2 voitures identiques, de même marque, modèle et couleur sont abandonnées dans la rue. L’une dans le Bronx, une bourgade pauvre et troublée de New York et l'autre à Palo Alto, bourgade riche et pacifique de la Californie ; 2 milieux avec des populations très différentes. Une équipe de spécialistes en psychosociale s’est mise à étudier le comportement des personnes sur chaque site. Résultat : la voiture abandonnée dans le Bronx a commencé à être vandalisée en quelques heures. Elle a perdu moteur, rétroviseurs, radio, pneus… Tout ce qui était utilisable a été emporté et ce qui ne l'était pas, a été détruit. Au contraire, la voiture abandonnée à Palo Alto est restée intacte. Conclusion : Il est fréquent d'attribuer à la pauvreté la cause des crimes. Attribution partagée par les positions idéologiques les plus conservatrices tant de droite que de gauche. 
=> Suite de l'expérience: les chercheurs ont ensuite décidé de briser la vitre du véhicule de Palo Alto. Le résultat a été le déclenchement du même processus du Bronx, avec le vol, la violence et le vandalisme du véhicule, réduit au même état que celui du quartier pauvre. Pourquoi la vitre brisée d'une voiture garée dans un quartier soi-disant sécurisé est-elle capable de déclencher tout un processus délictueux? 
Conclusion : 
1. Ce n'est pas à cause de la pauvreté. Il existe évidemment quelque chose qui a à voir avec la psychologie, avec le comportement humain et avec les relations sociales. 
2. La vitre brisée d'une voiture abandonnée transmet une idée de décadence, de désintérêt, d'une négligence qui rompt les codes de coexistence. C'est comme si la loi, les normes et les règles étaient absentes et que plus rien n'a de la valeur. Chaque nouvelle attaque subie par l'automobile réaffirme et multiplie cette idée, jusqu'à ce que l'escalade des événements s'aggrave et devienne incontrôlable, menant à la violence irrationnelle. 
Des expériences ultérieures (James Q. Wilson et George Keeling) ont permis de développer la «théorie des vitres cassées ». D'un point de vue criminologique, cette théorie établit que la criminalité est plus élevée dans les zones où la négligence, la saleté, le désordre et la violence sont les plus élevés.
Si des « petites fautes » telles que le stationnement dans un lieu interdit, le dépassement de la vitesse limite ou l'irrespect d'un feu rouge ne sont pas sanctionnés, des fautes majeures commenceront à se développer, suivies par des crimes encore plus graves.
Celle-ci est peut-être une hypothèse du délabrement de la société , le manque de respect pour les valeurs universelles , le manque de respect de la société envers elle-même et envers les autorités ( extorsion et corruption ) et vice- versa , la corruption à tous les niveaux, le manque d'éducation et de formation pour la culture urbaine , le manque d'opportunités qui créé un pays avec des fenêtres brisées, avec de nombreuses fenêtres brisées que personne ne semble vouloir réparer. 
La théorie des fenêtres brisées a été appliquée pour la première fois au milieu des années 80 dans le métro de New York, qui était devenu la partie la plus dangereuse de la ville. Ils ont commencé à lutter contre les petites transgressions : le graffiti qui détériorait les lieux, la saleté des stations, l'ivresse des usagers, l’évasion du paiement des tickets, les larcins et les troubles. Les résultats ont été évidents... En ayant commencé par le plus petit on est donc parvenu à sécuriser le métro. 
En 1994, Rudolph Giuliano, maire de New York, basé sur la théorie des fenêtres cassées et l'expérience du métro, a propulsé une politique de «tolérance zéro». La stratégie consistait à créer des communautés propres et bien rangées, ne permettant pas des violations de la loi et des règles de la vie urbaine. Le résultat pratique a été une énorme baisse des taux de criminalité dans la ville de New York. Le terme «tolérance zéro» sonne comme une sorte de solution autoritaire et répressive, mais son concept principal est plutôt la prévention et la promotion des conditions de sécurité sociale. Il ne s'agit pas de lyncher le délinquant, ou de l'arrogance de la police, en fait, pour les abus de pouvoir devrait s'appliquer également la tolérance zéro. Ce n'est pas une tolérance zéro de celui qui a commis le crime, mais une tolérance zéro du délit en lui-même. Il s'agit de créer des communautés propres, bien rangées, respectueuses de la loi et des codes de base de la coexistence sociale de l'homme. (Voir Google research)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire